Un univers à l’ambiance malsaine et une première déception sur du Jane Austen

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s’amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question… Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d’une aventurière, dans la lignée des personnages d’Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

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lady susan - Jane Austen (couv)Il faut savoir que j’aime beaucoup Jane Austen, j’ai d’ailleurs eu une phase proJane Austen, il fut un temps. J’ai donc acheté ce petit livre durant cette période. Mais je ne l’ai pas lu tout de suite. Je l’ai laissé mijoter dans ma Pal pendant quelques années…et je l’ai ressorti durant cet été. Ce qui m’avait bloqué jusque-là, c’était le genre épistolaire, car il faut savoir que ce n’est pas un genre littéraire que j’apprécie. De plus, je ne suis pas non plus friande des romans courts du type nouvelles, etc. J’ai toujours peur que l’histoire, la psychologie des personnages (etc.) ne soient pas assez développées. J’ai donc sans cesse repoussé le moment de la lecture. Mais, comme vous le savez, j’ai lu précédemment « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates ». Roman épistolaire de talent, j’ai adoré. J’ai voulu retenter l’expérience d’un roman épistolaire. J’ai donc sorti ce petit ouvrage. J’ai été terriblement déçue ! Ce n’est pas tant le talent de l’auteur qui est mis en cause, mais surtout le caractère des personnages et la relation malsaine qui se lie entre eux. Mais il y a peut-être finalement trop d’éléments mitigés qui jouent contre ce recueil de lettres : le genre, la taille de l’ouvrage, les personnages ou, tout simplement, le fait que ce n’était pas le bon moment (je crois à l’idée qu’il y a un moment pour chaque roman dans la vie de quelqu’un. Il y a des fois où l’on se dit qu’à un autre moment, on aurait adoré ce roman et vise versa).

Pourtant, ce que je retiens le plus c’est le profond malaise dans lequel les personnages m’ont mise. Les deux protagonistes principales sont : Lady Susan, une jeune veuve qui demande à son beau-frère (si je ne me trompe pas) si elle peut venir passer quelque temps dans sa maison ; et Mme Vernon, la femme de celui-ci, qui s’adresse à sa mère et lui raconte les événements. Cette dernière a énormément d’a priori sur lady Susan. Elle la traite d’intrigante, cherchant à séduire son frère pour l’épouser et s’emparer de sa fortune. Je n’ai aimé aucun des personnages, aucun n’est digne. Tous ont tendance à manigancer et, il y a une espèce d’ambiance policée, fausse et mesquine qui plane sur tout le récit.

Lady Susan est la pire d’entre tous, elle intrigue certes, mais dès le début je m’en suis méfiée. C’est une horrible « bonne femme » qui cherche à séduire tout le monde par sa beauté et son esprit… Elle rejette sa fille et la force à un mariage que la jeune fille refuse. Vous me direz : on est encore à une époque où le mariage arrangé est d’application, mais tout de même l’attitude de Lady Susan vis-à-vis de sa fille est sans sentiment. Elle ne comprend tout simplement pas pourquoi sa fille ne saute pas de joie à l’idée d’épouser un homme plus ou moins riche. On a l’impression que cette femme n’a qu’une idée en tête : l’argent, les affaires et le regard des autres. Dans d’autres circonstances, et peut-être avec une psychologie des personnages plus développée (avec si peu de pages c’est dur de faire mieux. Je le consens), on pourrait se demander si cette dame n’a pas un souci avec son apparence et son acceptation dans la société. Cela dit, les autres personnages ne sont pas mieux : les hommes de l’histoire sont vus à travers le jugement de lady Susan et représentés comme des hommes naïfs et faibles. Il est d’ailleurs amusant de s’imaginer que, comme dans tous les romans de Jane Austen, le récit est porté par des femmes, et des femmes de caractères (ce n’est pas forcément une bonne chose). Mme Vernon est bouffie d’a priori, elle est médisante. On sent qu’elle a peur et qu’elle ne comprend pas lady Susan. Lady Susan n’est pas le modèle de femme qu’elle a l’habitude de côtoyer. Cette nouvelle arrivante bouleverse son univers et met en danger les hommes qui l’entourent. La fille de lady Susan est une jeune fille faible, naïve et geignarde. C’est la seule femme dans ce récit qui n’a pas de caractère, sans doute est-ce dû à son jeune âge et au fait que lady Susan s’en serve comme elle se sert des hommes.

Tous ces personnages se côtoient dans un univers policé, rempli d’insinuation et de non-dit. Ce traitement de l’ambiance n’est pas ce que j’aime, mais je dois admettre que Jane Austen excelle dans ce domaine.

En bref, je n’ai pas apprécié ma lecture (une première avec Jane Austen), mais je pense que c’est dû à beaucoup de choses légèrement négatives qui ont tourné à la déception. Ce que je retiendrai le plus dans ce court roman épistolaire c’est la froideur des personnages et leur méfiance.

Lady  Susan - Jane Austen
 Folio - 115 pages
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