Une vision trop contemplative de la révolte de 1835 au Brésil

1835. Dans les états du sud du Brésil, la révolte gronde contre la politique économique de l’empire. Décidés à défendre leurs droits et le produit du travail de leurs terres, les grands propriétaires terriens gauchos entrent en guerre civile contre les impériaux. À leur tête, le général Bento Gonçalvez da Silva. Bien qu il envisage un conflit court, il prend soin de protéger sa famille en conduisant sa femme, ses soeurs et ses nièces dans l estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans à la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l autonomie pour les grandes provinces du Sud.

Pendant ce temps, Manuela, jeune nièce de Bento, raconte l’attente épuisante, les peurs et les espoirs d’un foyer féminin où le temps semble suspendu. Sa vie changera à jamais à l’arrivée de Giuseppe Garibaldi, venu prêter main-forte aux républicains. Toute à son premier amour, elle ne remarque pas les égarements de sa soeur Rosario, que l’attente fait peu à peu sombrer dans la folie. Comme sa mère et ses tantes, elle vit plus que jamais au rythme de la guerre, sachant pertinemment que leurs vies en seront bouleversées à jamais.

 

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la maison des 7 femmes - Leticia Wierzchowski (couv)J’ai reçu ce livre par un partenariat organisé sur Livraddict avec la maison d’édition JCLattès. Je remercie les deux de m’avoir donné l’occasion de découvrir cet ouvrage. J’étais intéressée de découvrir un roman historique sur une histoire que je ne connaissais pas.

L’ouvrage se divise en dix chapitres correspondant aux dix années de la guerre qui se déroule au Brésil à partir de 1835. Chaque chapitre représente les dix années où les femmes de la famille du général Bento da Silva attendront la fin du conflit dans une Estancia lors de la guerre, en sécurité : l’Estancia de la Barra. Un préambule contextuel d’une seule page se situe avant le roman. Il nous décrit vaguement le contexte. C’est si petit que je me demande si cela a de l’intérêt. J’aurai aimé un préambule plus complet (voire ne rien avoir du tout).

Le roman est écrit selon trois points de vue. Un point de vue général qui décrit la suite des événements tant pour les femmes que pour les hommes qui partent à la guerre. Il y a également la présence de lettres. Ces échanges épistolaires entre les femmes et leurs époux ou fils nous permettent de nous rendre compte du déroulement de la guerre, car le roman se consacre plus volonté au quotidien des femmes dans l’attente. Enfin, un dernier point de vue — peut-être un peu inutile — provient des pages d’une espèce de journal d’intime ou mémoire de l’héroïne du roman, Manuela, bien des années après les événements.

Parlons de Manuela, qu’on décrit dans le quatrième de couverture comme étant l’héroïne principale de l’histoire. Je suis plutôt sceptique quant à son statut d’héroïne, car finalement l’auteur s’y attarde peu. On parle d’une histoire d’amour, mais elle arrive assez tard et est très vite noyée dans les autres événements qui arrivent aux autres jeunes filles. On ne peut pas considérer cette histoire d’amour comme étant le sujet du roman. Quant à son caractère, je pense que cela a été mon personnage préféré même si cela n’a pas été évident. Elle est un peu différente des autres, elle est moins faible, peut-être plus courageuse et réfléchie. On voit peu souvent Manuela se lamenter. Je pense que c’est surtout cela qui m’a plu. Dommage que l’auteur n’a pas fait le choix de s’y consacrer plus longuement pour développer une psychologie du personnage plus aboutie. C’est vrai qu’on se rend vite compte que l’auteur reste en surface dans les personnages. Je n’ai pas réussi à être véritablement transcendée par l’un d’eux. De quoi avait peur l’auteur ? De prendre des risques ? De se consacrer à un personnage au détriment des autres et au risque que les lecteurs n’aimeraient pas ? Personnellement, j’aurai préféré cela.

Le roman se consacre donc aux sept femmes en général et à leur quotidien. Parlons-en de leur quotidien qui selon moi, se résume à de l’ennui. Elles passent leur temps (surtout les plus âgées, les femmes mariées) à attendre, prier et pleurer. C’est clairement ces trois comportements qui dominent. Toujours de la retenue ! Et de l’ennui pour moi qui demande des débordements, de la peur et de l’émotion. C’est le même schéma à chaque événement. Il y a juste un petit moment qui m’a donné espoir : c’est quand Manuela vit son histoire d’amour et ce qui suit. Mais cela est très étouffé dans l’œuf, j’ai été déçue.

Il y a également un élément un peu étrange dans le roman. Une des jeunes femmes est assez bizarre. Très vite, on se doute qu’elle devient folle, que la vie à la campagne la rend étrange. Encore une fois, l’auteur noie cet élément intéressant dans tout le reste. La jeune fille, c’est Rosario. Elle est plutôt de nature chétive et préfère la ville et les bals à la vie en campagne à attendre la fin de la guerre. Dans un sens, je la comprends. Cette attente la mine au point qu’elle part dans un gros délire. Elle s’imagine parler à un fugitif fantôme qui vient lui rendre visite toutes les nuits. Malgré le fait que l’homme apparaît avec un bandage sur un œil ensanglanté, qu’il n’apparaît que quand elle ouvre les yeux et qu’il ne souhaite pas rencontrer sa famille; Rosario ne doute pas de sa réalité. Nous, lecteurs, nous ne savons pas si c’est le délire d’une folle ou un élément fantastique. Jusqu’à la fin du roman, on doutera. Encore une fois, c’est un événement qui n’est pas assez bien exploité.

Honnêtement, j’ai survolé cette lecture, je n’ai pas réussi à m’y attacher et je me suis beaucoup ennuyé. C’est bien dommage, car j’ai l’impression d’être la seule à ressentir cela, à ce point en tout cas. J’ai l’impression que le roman manque d’émotion, qu’il manque de quelque chose d’important pour rentrer dans l’histoire.

En conclusion, je ne pense pas que je garderai longtemps un souvenir de cette lecture. Je m’y suis beaucoup ennuyé, j’ai été chagrinée que l’auteur n’ait pas osé prendre de parti comme je l’explique dans mon argumentation. J’ai été déçue par les attitudes des personnages, trop contemplatifs. En fait, le mot que je recherche depuis tantôt est CONTEMPLATIF. Cependant, des gens ont aimé, si vous souhaitez tenter l’expérience, foncez mais personnellement je ne pense pas accrocher au style de l’auteur.

Merci à 

                                               JCLattes logo        Livraddict Logo

La maison des sept femmes - Leticia Wierzchowski
Edition JC-Lattès (Romans Etrangers) - 537 pages
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