Transferes – Kate Blair

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Titre : Transférés
Auteur : Kate Blair
Edition : Michel Lafon
Pages : 263 pages
Genre : Young Adult, science-fiction
Synopsis : Dans un futur proche, l’humanité a trouvé le moyen de soigner toutes les maladies : les transférer aux criminels, dont la quasi-totalité vient des ghettos, maintenus au ban d’une société qui touche à la perfection.
C’est dans ce monde qu’est née Talia Hale. À seize ans, elle est la fille chérie d’un politique qui se voit déjà Premier ministre d’Angleterre. Atteinte d’un simple rhume, au plus grand dégoût de son entourage, elle doit subir son premier Transfert. Mais à l’hôpital, Talia sauve une fillette d’une agression, et cette petite fille des ghettos lui fait découvrir l’envers du décor et l’horreur d’un système où seuls les plus riches ont le droit à la santé. Pour changer une société où la frontière entre bien et mal est plus floue que jamais, Talia devra briser le cocon doré dans lequel elle a grandi et combattre tout ce en quoi elle a toujours cru… y compris son propre père.

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Transféré est un roman jeunesse dans un futur proche ou une réalité alternative dans lequel le système pénal a été réformé.
Ce qui m’a attiré dans ce roman c’est le côté futuriste. J’avais envie de découvrir un nouveau monde qui ne soit pas dystopique mais qui nous présente un futur proche nous montrant une réalité particulière.
L’idée est sympa mais l’auteur ne prend pas trop de risque. Il réduit son histoire à une question d’honneur et à une histoire d’action. Je suis d’accord pour plonger directement dans un univers mais j’aime qu’on m’explique toute la portée d’un système judiciaire totalitaire.
C’est un peu le défaut du Young Adult selon moi. Tout va trop vite, les auteurs en général estiment que cela n’est pas nécessaire de nous expliquer le pourquoi du comment en profondeur. Or, moi c’est ce que j’adore dans la découverte d’un univers. Découvrir un monde à part, en comprendre l’essence et toute l’implication de ces changements. Il y a souvent quelques choses de bancal dans la littérature YA. De plus en plus, j’ai du mal avec le YA avec ce détails pour dégrade mes lecture. C’est bien dommage !
Dans ce roman, l’auteur s’en sort bien car il préfère se focaliser sur les interactions humaines, la découverte d’une héroïne, d’un système judiciaire qui peut paraître nécessaire pour la sécurité ou l’injustice de ce système judiciaire. Le point de vue dépend de la position ou l’on se trouve dans cette pyramide sociale. On découvre ces points de vue dans les questionnements de Talia. Et en cela, ce roman est un parfait écho de notre réalité politique. Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe en ce moment pendant les élections françaises avec toutes ces histoires de détournement d’argent et de programme électoral extrême. On se rend compte que beaucoup de politiques sont hors de la réalité. Ils sont censé diriger un pays de la manière la plus « juste » et avoir conscience des aléas d’une politique qui doit porter économiquement et socialement toute les couches de la population mais ils ne comprennent pas les impératifs de certains couches sociales (et d’ailleurs de la majorité de la population je dois dire). C’est un peu le même ressenti dans ce roman. On sent que la partie de la population qui a eu la chance de vivre du bon cotés ne se posent pas de questions sur un système qui fait ses preuves et les protègent. Tout cela semble cohérent !
Bref, je suis un peu déçue car je sens le potentiel d’un tel roman en YA et je sens la capacité qu’il peut avoir à nous faire réfléchir sur notre confort de classe moyenne mais au moment où cela peut devenir intéressant il y a comme un flop. Le roman se finit avec de gros raccourcis « tout est bien qui finit bien ». Bref, tout va trop vite, sur un thème qui devrait être digéré. C’est peut-être parce que je venais de finir l’excellentissime Soleil Vert (Soylent Green de Harry Harrison) qui a pris le temps de décrire une société en déroute avec en fond de cloche une remise en question écologique, sur les droit à l’avortement et la prise de contraception dans une société trop puritaine et en décalage avec l’évolution du progrès.
Bref, je débats de la portée de « transférée »mais c’est sans doute parce que je le mets en perspective avec ma précédente lecture. Et je trouve dommage qu’on ne puisse pas le faire sans un comparatif.
C’est bien dommage parce qu’on ne peut pas dire que le roman est un pavé. Avec un peu plus de 200 pages l’auteur aurait pu rajouter 100 pages pour développer ses thèmes et ça serait passé crème.

Au final, la lecture a été sympa, beaucoup de questionnements, mais l’auteur ne va pas assez loin dans la réflexion. Young Adult ou pas, ce genre de roman devrait nous faire plus réfléchir, surtout maintenant dans un contexte électoral en France.

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